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A FLORENCE

Retour à l'arbre

L’asphalte ramollit sous la morsure du soleil. Mes semelles compensées m’isolent un peu de ce magma bitumeux. Main dans la main, nous allons nous rafraîchir dans la gelateria recommandée par un de nos amis. Je suis restée dans l’expectative devant l’interminable comptoir. Les appellations des sorbets et des glaces m’évoquent les mystérieux arias des divas. Leurs mélodies chatoient mes oreilles, mais je n’en saisis pas le sens. J’examine de près la coloration des divers parfums. Ça m’aide à déchiffrer les étiquettes. La couleur fraise c’est fragola, le vert pâle du raisin l’uva, la noisette pour nocciola, la framboise pour lampone et bien sûr pistache pour pistacchio. Je les dévore des yeux avant de les déposer goulûment sur ma langue. J’ai bien mérité ça. Quelle excellente façon d’apprendre l’italien ! Sans compter toutes les autres gourmandises exposées dans des vitrines affriolantes, madorla, panettone, pignolata, etc… Mais attention à ma ligne, tant pis, on verra ça au retour. Je sens que ce voyage sera comme une nouvelle lune de miel. Celle de notre mariage était partie à vau l’eau. Que de pluie lors de notre séjour en Corse ! L’île de beauté avait abdiqué tout comme son enfant chéri. Elle redressa courageusement la tête juste après notre retour sur le continent. Aussi, notre session de rattrapage se présente sous de bons auspices. Mon homme nous avait concocté un circuit cio fiocci. Quand je compris ce que cela voulait dire, il était déjà trop tard. Le ver était dans le fruit. Mais n’anticipons pas. D’abord une promenade allant de notre hôtel à la piazza Duomo. Nous avons visité la cathédrale Santa Maria del Fiore. Sa coupole abrite une grande fresque narrative : le Jugement dernier, peint par Giorgio Vasari et achevé par Federigo Zuccari au XVIe siècle. Je la contemple en tournant sur moi, comme un derviche, jusqu’au vertige. Je scrute les divers tableaux. C’est comme une immense bande dessinée.

Quelle belle journée ! À peine fatigués, après avoir dîné dans une trattoria, nous retournons à l’hôtel. J’apprécie le confort d’un matelas bien ferme. La nuit fut douce et reposante. Le lendemain, nous avons flâné dans Florence, des musées, des églises, et l’hallucinant parc de la Villa Démidoff. Fascinée et effrayée, je médite sur l’extravagante histoire d’Élisabeth Stroganoff. Et puis pour me remettre de mes émotions, la visite de l’incontournable Ponte Vecchio. Je ne voulais pas décevoir nos amis lors de notre retour. Une deuxième nuit délicieuse. Le bonheur de sombrer dans les bras de Morphée. Tout cela était prometteur pour la suite à Rome. Sauf que, si tous les chemins y mènent, cela peut aussi devenir un chemin de croix. L’espoir est souvent déçu. Nous poursuivons notre voyage en voiture. Nous longeons la côte Toscane et souhaitons faire une halte à Capalbio et découvrir le Jardin des Tarots. Je crains le pire, mais il faut bien que je cède de temps à autre aux désirs de mon homme. Il est si gentil, enfin en ce moment…

A suivre

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