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Le goût des larmes

Retour à l'arbre

-         -  Grand-mère ! Pourquoi les autres enfants ne m’aiment-ils pas ?

-          - Comment ? Qui n’aimerait pas ma Minouchette ? 

Et elle prenait mon petit visage entre ses bonnes mains farinées,  je plongeais mon regard dans ses yeux et tout devenait si simple, son baiser sonore appliqué juste à la naissance de mon oreille, faisait grésiller mes tympans, et je glissais entre les  volutes de la crêpe qui  dorait en exhalant sa vanille, et crépitait dans son beurre demi-sel.

-          - Elle est pour qui cette première ?

Grand-mère exhibait sous mes narines une chose ronde, informe, vaguement brunie.

Et moi, j’étais assise sur le carrelage en damier noir et blanc. Le poids de mon petit cœur était trop lourd  aujourd’hui. Il faut dire que Khatia et sa bande avaient excellé en matière de méchanceté, d’abord mon goûter, répandu en miettes sur la cour, becqueté par une volée de corneilles aux cris rauques, mon cookie- maison n’a pas résisté. Puis ce fut mon cartable, vidé dans les toilettes, urines, eau, les cahiers non plus n’avaient pas tenu le choc. Sur les pages jadis écrites, il y avait des rigoles qui couraient comme des larmes bleues.

Et les miennes de larmes coulaient, glissaient un doigt salin entre mes lèvres.

J’aimais bien le goût de mes larmes, j’aimais aussi  ce désespoir qui m’envahissait et me laissait anéantie, mais vivante.

A suivre

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