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SUITE UN VOYAGE EN ITALIE... OU PRESQUE

Retour à l'arbre

Quelle nuit affreuse, effrayante, épouvantable. Au petit matin, piquant enfin du nez, les rayons de soleil heurtent ma macule au staccato des bogies. Heureusement, mon petit mari chéri revient du wagon restaurant armé de cafés et croissants. Il me porte secours, trouve mes lunettes noires juste avant que ne se déclenche une crise ophtalmique. Ceci se produisait à chaque éblouissement violent ou effet stroboscopique. Il y a longtemps que je ne fréquente plus les boîtes de nuit. J’ai pris une gorgée de whisky. C’est le meilleur remède dans ce cas et toujours disponible dans son flasque gainé de cuir. C’est mon péché mignon. J’ai un faible pour les écossais bien tourbés. Cela me requinque. Je gratifie mon chevalier servant d’un de ses léchoullis préféré. Quand je suis saoule, j’ai l’alcool joyeux. Ce qui n’est pas pour lui déplaire.

Mais ça ne durera pas et je le sais.

Le tortillard perfore l’inquiétante banlieue encerclant la ville. Gare de Florence. La chenille s’échoue sur un quai en cul-de-sac. Mon homme descend les bagages. Nous trouvons l’hôtel de L’Orologio sans difficulté. Il est situé sur la Piazza Santa Maria Novella. Mon mari s’occupe de tout. Comme à son habitude. Formalités, enregistrements, pourboires, et tutti quanti. Une chambre bien meublée. Un bouquet de fleurs trône sur la commode. Il défait les bagages. Une sieste nous fait du bien. Le bonheur de s’assoupir.

Mais ça ne durera pas et je le sais.

À peine levée, je me dirige vers la salle de bain. C’est là que commence ma lente décente aux enfers. Sortant de la douche je pose, par mégarde, le pied sur un petit insecte. J’y regarde de plus près. Je viens d’écraser un cafard. Ses œufs répandus sur le carrelage. À sa vue, mon sang tiédi par ma marinade sous la couette se coagule plein d’une horreur à peine contenue. Mon chéri ramasse la blatte avec une pince à épiler. Nettoie le sol avec une lingette désinfectante. Fait brûler le tout dans le lavabo et laisse couler un Niagara d’eau. Je n’ai osé faire appel au personnel de l’hôtel tant j’ai honte pour eux. Dans le salon réservé au petit-déjeuner, je ne profite pas de leur fameux café noir ni de la profusion des mets délicats mis à notre disposition, car nauséeuse. Mon mari est un excellent mari, un amour de mari. Il fait tout ce qu’il peut pour me faciliter la vie. Mais il est roué comme un diable. Je crois qu’il me trompe. Lorsque nous nous égarons, il demande toujours notre chemin à une femme. Leurs petits sourires en coin en disent long. Souvent, j’avais remarqué leurs œillades. En France, je comprends les propos échangés. Mais que se passera-t-il ici, quand il s’adressera à une Italienne pour un quelconque renseignement ? Lui, parle couramment l’italien, alors que moi, je ne connais que de pauvres buongiorno, grazie ou des per favore.

Heureusement, mon petit ami m’accompagne toujours. Il se tient bien tapi au fond de mon fourre-tout. Je sais que je peux compter sur toi, mon petit Écossais. Je te suis fidèle. Je ne te tromperai pas pour une de ces garces de grappa. Il faut sortir. Cette chambre sent le renfermé. Dehors la jungle.

A suivre

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