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ALLEZ SAVOIR !

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Allez savoir ? Moi, je sais très bien ce que je n’aime pas. Pourtant, je le fais quand même. Naviguer dans les magasins. Feuilleter les magazines, où s’exhibent de grandes girafes offertes aux regards concupiscents des hommes à l’affût du moindre décolleté. Ils se laissent flinguer par leurs regards froids et provocateurs. Baise-moi. Mets-y le paquet. Je ne suis pas ta pute. Il ne tient qu’à toi de m’acheter ces bijoux, ces robes, ces dessous affriolants. Insupportables ces poitrines galbées, ces ventres plats qui nous taraudent les méninges (j’ai encore et toujours 3 kilos à perdre). Bientôt il, ne me regardera plus. Pire que s’il ne m’aimait plus. Ne plus exister dans son regard. Ne plus me refléter dans sa pupille de plus en plus morne. Celle qui s’éveille à la lecture, disons-le comme ça, des magazines pour hommes. Il a un alibi. On y trouve parfois une interview d’un homme politique, comme Fidel Castro, à l’époque où il avait le verbe haut. Ou celle d’un joueur de golf sectateur de Hugh Hefner. Bien sûr, il faut bien que mon homme entretienne sa libido grâce à cette littérature saupoudrée d’opulentes poitrines et ponctuée de charmants petits gazons qui n’ont rien de maudit. Mais, lorsque je passe l’aspirateur (quelle conne !) et que je trouve sous le lit ces revues froissées et décorées de cartes de France, je ne peux qu’anticiper le déclin programmé de notre couple. Moi aussi j’achète des revues (féminines). Je me délecte de tout ce déballage d’injonctions anti-âge. Faites vite. Paraissez vingt ans de moins. Achetez. Faites disparaître vos rides. Achetez. Remplacez votre peau d’orange par celle de chamois. Achetez. Ce n’est pas cher. À peine 150 euros. Vous le valez bien. Vous le voulez bien. Tiens, il y a aussi des articles de fond. Il m’arrive même d’en lire. L’autre jour, j’ai appris qu’à moins de trois orgasmes par semaine, on n’était plus dans le coup. Has been. Je mange. Je grossis. Je manque. Tu me manques. Est-ce que je te manque ? Oui, quand tu vas mal. Quand tu rentres de tes escapades avec tes amis (amies ?). Quand tu as besoin de quelqu’un pour soulager ta mauvaise inconscience. Je déprime. Je me déteste. Pourtant, je suis belle, désirable. Mes collègues de bureau ne se gênent pas de me le rappeler. Ça me flatte. Mais ne fait-il pas de même ? Je l’imagine déjà proposer (en toute amitié) un petit tour dans les archives à son assistante ou une cravate de notaire à la stagiaire préposée au café. Alors, si je me déteste, qu’est-ce que souhaite ? Que me manque-t-il ?

Allez savoir ?

Peut-être le courage de mettre les pieds dans le plat. Affronter la réalité. Relativiser. Je ne suis pas qu’une épouse. Peut être que ce voyage en Italie…?

Et, que puis-je bien vouloir ? Le bonheur, peut-être tout simplement, le bonheur d’être heureuse. Mon manque, c’est comme la fine poussière d’une cimenterie qui s’infiltre jusqu’entre les feuilles d’une ramette de papier blanc à peine entamée. Mais, l’homme que j’aime est-ce que je le connais vraiment ? Qui est-il, mon gentil, prévenant et patelin mari ? Peut-on jamais connaître quelqu’un ? Est-ce qu’on se connaît soi-même ?

A suivre

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