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Débrief du matin

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Ce matin je sors de mon lità 7 h, contrairement à d’habitude où je me lève plus tard, mais je n’ai plus sommeil et je souhaite prendre mon thé face à moi-même à la cuisine. Il faut dire que je vis en colocation depuis deux mois et que les moments de solitude sont plutôtrares. Ma première colocation à 58 ans, avec deux jeunes femmes de 24 et 27 ans.Je passerai sur les détails qui m’ont emmenée à partager mon appartement ; mais vivre avec ces deux jeunes filles a été un épisode sympathique dans ma vie. Elles ont fait la fête hier soir et ne vont pas sortir du lit avant 11 h ; donc à moi la tranquillité d’un petit matin d’hiver.A moi une petite tasse de thé bien chaud, avec moi pour compagne ; mmm je savoure déjà cet instant ! Je file en douce à la cuisine pour ne surtout pas les réveiller et profiter pleinement de ce moment qui m’est accordé.

Mais c’était sans compter avec le « chéri » qui a accompagné l’une des jeunes filles hier soir.Ne voilà-t’il pas que je tombe nez à nez avec un homme torse nu, au physique d’Apollon, en train de boire son café et fumer sa cigarette à la cuisine.Plusieurs sentiments mêlés.Je suis d’abord incommodée par l’odeur de la cigarette au réveil etil me dérange car je m’attendais à être seule ; ensuite,je suis choquée qu’il ose se tenir ainsi torse nu dans ma cuisine, et enfin je reste ébahie devant une plastique si parfaite.

Ayant certainement vu que je n’appréciais pas beaucoup cette situation, il me demande gentiment si je veux du café.

Le café sentait bon, comme peut sentir un bon café, mais je n’en prends pas car je n’en apprécie pas le goût.

Je vais donc prendre mon thé comme prévu, mais à la différence que ce moment que je m’étais préparé,a été gâché par une présence inopportune.

Me voilà partie. Encore sonnée par mon aventure du matin. Je ressasse la vue de cette créature qui se tenait debout devant moi tel un Schwazeneger durant ses heures de gloire.

Je ne sais toujours pas, si j’ai aimé ou seulement détesté que ma tranquillité ait été ainsi troublé. En faite si, je pense que j’ai aimé. A mon âge ce n’est pas comme s’il m’était donné d’apprécier un tel paysage chaque matin, ni même chaque mois, ni même chaque année. Hormis les mannequins qui se pavanent ici et là dans les spots télés, la réalité est qu’à 50 ans les hommes sont plutôt flagadant.

Bon ok, je suis peut être un peu dur. La vérité c’est qu’une pointe de jalousie m’envahit quand je veux bien m’avouer cette évidence : les hommes vieillissent mieux.

Quelle injustice me direz vous ! Eh bien oui, c’est injuste. Tellement injuste que j’en viens parfois à les détester. Ce n’est pas eux qui ont passé 9 mois avec un bébé dans le ventre. Bébé qui aujourd’hui vous parle mal et cherche la présence de petite minette aux moeurs légères bien plus qu’il ne cherche la vôtre. Toujours la même rengaine me diraient-ils s’ils pouvaient m’entendre à cet instant présent.

Je suis simplement sorti m’acheter une brique de lait et me voila repartie dans une querelle ridicule avec les hommes.Surtout que personne ne m’entends, ou plutôt heureusement. Je crois que je suis en train de me transformer en vieille aigrie. Vous savez ces femmes qui dès qu’elles voient un jeune passé ou un beau mec, s’accroche au moindre détail pour le critiquer. “Tu as vu Lucette le bouton de sa chemise n’est même pas assorti à ses chaussettes”. Pardon pour le cliché, mais c’est vrai non ? On dirait que toutes les vieilles femmes aigries ont une amie qui se prénomme Lucette.

Lucette à 3 chats, 15 petits enfants et a toujours été une veille bécheuse. Quand je m’imagine vieille je me vois avec Lucette, sirotant un thé Lipton sur la terrasse d’un PMU malodorant. Pas très glorieux. Mais c’est pourtant ce que j’imagine, j’espère au fond que cela sera différend. Aller assez parlé, je crois que cela fait bien 3min que le caissier me tend le ticket en murmurant d’un ton timide mais impatient : “ Madame…Madame…”

A suivre

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