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Fleur D'oranger

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Quand elle est rentrée, j’ai tout de suite reconnue le sillage de son « eau de fleur d’oranger », elle s’en parfumaitet s’en enveloppait comme d’un suaire, son teint pâle, qu’accentuait de fines ridules d’expression était aujourd’hui encore plus livide

Elle s’est laissée choir dans le grand fauteuil au ton jauni, en poussant un petit miaulement de chat blessé

Je risquai un «  as tu bien dormi » et bien sûr ne reçu en guise de réponse que ce petit miaulement

Adeline était ma grande sœur, elle était rentrée de France avec un gros chagrin d’amour, comme ça , un jour, avec sa valise Lancel

Elle était là sur le seuil, ou pas là, elle ne regardait que le fauteuil, et s’est écroulée dans les coussin défraichis

Adeline s’est installé chez moi, comme un vieux souvenir, qui ne veut pas finir, elle était si triste,elle qui partait toujours d’un rire cristallin à la première boutade, elle qui prenait un temps fou dans la salle de bain au risque de provoquer l’émeute , elle, Adeline avait perdu son teint frais, et ses nattes dont elle était si fière dégoulinait en touffe hirsute sur son cou maigre

Je l’observais du coin de l’œil et des ombres furtives passaient sur son visage, son front se plissait, se souvenait elle que dix ans auparavant cet amour avec qui elle avait fui en Métropole, c’était le mien d’amour, celui qui semblait être né avec moi, Hector, le plus bel homme que la création ai jamais donné, et il avait succombé à ses nattes, à ses mains douces et à ses miaulements de chat blessé,

Oh comme je t’avais détesté, Adeline, et maintenant, te voici, venue errer sur mes restes, normal,

Moi j’étais trop grasse, trop grande, trop pleine d’énergie, jamais un soupir, un malaise,

Et ce fut cet accident, accident de ski, mon Hector sur ces trucs qui glissaient dans une blanche et poudreuse illusion, j’aurais aimé voir ça, je riais et mon rire est sorti de ma poitrine s’est exfiltré entre mes dents, mes lèvres et j’ai ri

Adeline surprise a levé les yeux et nous sommes regardées, moi la défiant de mon rire qui maintenant était sonore, et elle miaulant des « on ne quoi » qui fusaient en sanglots, de chat étranglé, de chat secoué, de chat griffant,

Et je riais, je riais, mes doigtsenfin libérés de son petit cou ,sa douce tête de chat blessé dodelinait, à droite, à gauche, Adeline ne miaulait plus

Je me servis une grande tasse de thé noir, puis m’assit à coté d’elle, dehors, la nuit s’était éteinte, sans un cri, avec dans son sillage une odeur de « fleur d’oranger »

A suivre

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