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Fuite dans le désert

Retour à l'arbre

Comme j’étais bien pendant ce voyage ! Loin de la banlieue, loin de mes responsabilités, loin des attentes familiales, loin de tout.

J’avais été accueillie par une famille charmante, un couple d’une soixantaine d’années qui profitaient de leur retraite dans cette petite maison perdue dans le désert. Quand je leur avais raconté mes péripéties à Marrakech, ils avaient hoché de la tête, convaincus d'avoir fait le bon choix en s’éloignant de la ville. Mes amis m'avaient vendu l’animation dans les rues et l’authenticité du marché, et j’avais alors commencé mes vacances dans la capitale pour suivre leurs conseils. Déjà en arrivant à bord d'un taxi dans le centre-ville, ça commençait mal. Les ruelles étroites ne nous permettaient pas de passer, surtout avec la foule de gens qui grouillaient dans tous les sens. Alors que mon chauffeur tentait de se frayer un chemin, des hommes cognaient contre ma vitre. La fenêtre du chauffeur de taxi entrouverte, je pouvais entendre leurs propositions plus ou moins indécentes. Je ne suis pas claustrophobe, mais enfermée dans le véhicule ainsi en étant complètement encerclée ne provoquait pas en moi un sentiment forcément agréable. Une fois avoir atteint l’hôtel et écouté les recommandations de la réceptionniste, j’avais voulu donner une deuxième chance à la ville. Ne pas se fier aux premières apparences, m'étais-je dit. Débarrassée de mes affaires, j’avais pris mon courage à deux mains et j’étais sortie. Je ne m'attendais pas à faire face à encore plus d’agressivité. J’avais à peine atteint le marché que je voulais déjà faire marche arrière. Trop de monde. Trop de bruit. Trop de stands. Et je m’étais fait accoster aux quatre coins de rue. Je portais une robe légère rouge à petits pois blanc qui m'arrivait jusqu’aux genoux. J'avais prévu qu'il fasse chaud et m’étais habillée en accord avec le temps. Je ne pensais simplement pas que mon accoutrement attiserait autant de regards. Des regards appuyés sur certaines parties de mon corps. En plus, mes bretelles de soutien gorge ne cessaient pas de tomber et même si je m'effectuais de les remonter en m'enfuyant de la place, je sentais que les hommes autour de moi faisaient leur propre interprétation de ce geste anodin. Certains m’invitaient à prendre un verre, si ce n'est plus, d’autres faisaient des commentaires désobligeants sur ma tenue. On insistait aussi lourdement pour me raccompagner chez moi. Ou alors on essayait de me vendre quelque produit illicite…

En revenant à ma chambre d’hôtel, j’avais décidé de partir. C’est sur ce coup de tête que j'avais pris mon ordinateur, réservé un lit chez l'habitant, et que je me retrouvais chez mes nouveaux compagnons.

En y repensant aujourd’hui, je me rappelle de l'odeur forte du thé à la menthe que me servait Attika. Son infusion était si douce et sucrée. Je regrette de ne pas retrouver cette senteur plaisante dans les coins de ma cité.

A suivre

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