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l'orphelinat

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Mais Théodora triche : elle se retourne brusquement, sa jupe tourbillonne et j’en perds l’équilibre. L’impact de mes fesses sur le sol me fait perdre le souffle que je retenais avec tant de concentration il y a quelques instants. Théodora rigole. Au moins, mon badinage avec la mort aura eu cet effet-là. Je rigole aussi et accepte qu’elle me pousse vers la porte pour « aller jouer avec les autres dans la cours » comme elle me l’ordonne. La vérité c’est que c’est justement à cause des autres dans la cours que j’étais venue la voir en sanglot, pour qu’elle me console. Parce que les autres, eux, ont une maman mais pas moi. Moi j’ai une Théodora.

Je l’ai dit à Théodora que les autres m’embêtent parce que je n’ai pas de maman. Elle m’a simplement répondu que les autres étaient idiots, surtout le petit Baptiste parce que vu la mère qu’il a lui, il ne devrait pas s’en vanter. Et puis je lui ai demandé pourquoi je n’avais pas de maman. Elle m’a répondu, que c’est comme ça, que ‘y avait des enfants qui avaient pas de maman, pas de chance. Mais que, moi au moins, je n’avais pas fini à l’orphelinat et que je devrais remercier le bon dieu rien que pour ça parce que, croyez-la, l’orphelinat c’est pas drôle. Elle m’avait pris dans les bras quand elle m’avait dit ça, et j’avais senti qu’elle était triste et en même temps qu’elle m’aimait beaucoup, peut-être encore plus qu’une vraie maman. Je lui avais demandé pourquoi elle, elle ne pouvait pas être ma maman.

A suivre

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