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Le grand Max

Retour à l'arbre

Max courait à toutes jambes. Sa silhouette dégingandée penchait dangereusement du côté gauche, déséquilibrée par la bandoulière de son sac de classe. Il fallait qu’il arrive le premier à l’arrêt de bus ! Sinon, il n’aurait pas de place assise et raterait son rendez-vous avec Chloé !

Ouf, personne.

Cela faisait plusieurs semaines que Chloé était entrée dans la vie de Max. Le premier jour, elle s’était faufilée dans son univers sur la pointe des pieds, enveloppant sa chétivité dans un short minuscule, taillé au ciseau. Depuis, elle voletait vers Max presque tous les jours, légère et imprévisible comme un flocon de neige. Elle était son elfe, son lutin persifleur. Elle le surprenait par des réparties si bien aiguisées que Max les recevait comme des éclaboussures d’eau glacée, qui lui fouettaient le visage et dont il n’appréciait la fraîcheur qu’après coup, lorsque le choc thermique était passé.

Max se vautra au fond du bus.

Comme tous les matins, de même qu’un décor en chasse un autre, Chloé pointa son nez.

Ce jour-là, Max se laissa éblouir par les premiers rayons du soleil de Byron Bay, où Chloé admirait la prise d’un pêcheur matinal, un énorme dugong harponné dans les eaux claires du littoral. Assise sur son surf, seule sur le sable, elle attendait le retour de Gavin, parti au large à la recherche d’une vague mythique, la Black Suicide. Bientôt, elle quitterait la côte orientale de l’Australie, parsemée de stations balnéaires, et éperonnerait sa jument en direction du Cap York. Elle longerait la terre de l’Or en traversant les champs de canne à sucre et les forêts tropicales du Queensland.

Max scrutait le visage poupin de Chloé, sa silhouette de femme-enfant, ses seins minuscules contre lesquels ses lèvres ne viendraient jamais rebondir. C’était sa Chloé à lui, il aimait cette nature insatiable, pérégrinante, qui bondissait d’un pays à l’autre en quête d’horizons toujours plus colorés. À côté de Chloé, Max faisait figure de vilain petit canard condamné à barboter dans sa mare… Mare à canard… Marre du lycée… Marre…

-          Salut Max !

L’ombre de Chloé trembla, virevolta et s’évanouit comme un fantôme en pleine lumière.

L’adolescent passa la main dans ses épis et leva les yeux avec irritation. La voix de crécelle qui venait de chasser Chloé provenait du gosier de Vanessa, l’inévitable Vanessa qui prenait le même bus, à la même heure, pour le même lycée.

-          Pardon, s’excusa Vanessa. Tu es en train de lire ? C’est quoi ?

-          Rien ! marmonna Max en refermant son gros livre dans un claquement dépité.

Il tourna la tête vers le carreau, prit l’expression la plus féroce possible, pour que plus jamais, Vanessa n’aie l’idée saugrenue de venir interrompre son tête à tête matinal avec Chloé.

A suivre

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