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"Sentiments"

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Un mot. C’est parfois plus que suffisant pour définir quelqu’un. En tout cas c’est ce que se disait Chela’k en observant la cité-caverne depuis son promontoire. Grandiose. C’était le mot qu’il avait choisi pour elle. Chaque matin il venait ici et regardait la ville s’illuminer. Les stalactites des Nobles étaient les premières à recevoir l’énergie des chaudières, puis les Cercleux recevaient à leur tour la lumière. En dernier seulement les Ceux, qui vivaient à même le sol, en bas.

Chela’k sortit sa montre à gousset de sa poche et un papier en tomba. Il prit soin de vérifier l’heure avant de le ramasser. Se redressant, il observa les silhouettes se dessiner à travers les fenêtres de la haute ville. L’une d’elle s’assit dans son lit. Ses courbes ne laissaient aucun doute sur sa grâce. C’était pour elle qu’il venait ici chaque jour. Il souriait à pleine dents. Les chaudières en contrebas le rappelèrent à l’ordre, crachant un immense jet de vapeur à son visage, lui cachant le paysage et sa belle. Il grogna. Quand la fumée se dissipa enfin elle avait disparu. Il ouvrit alors délicatement le papier entre ses doigts. Un seul mot écrit. Espoir.

Il rabattit sa capuche sur sa tête et entrepris sa descente. Se laissant glisser le long de la paroi, il atteignit le mur qui longeait la gare. Elle était située sur le territoire des cercleux, au Nord de la caverne. C’était le seul moyen connu pour quitter Ante-script. Il la regarda et sourit. C’était peut-être le seul bâtiment qu’il aimait bien ici. Non pas qu’il songeait à partir. Loin de lui cette idée. Cette ville était la sienne. Non, il aimait cette gare car en son centre se situait une immense horloge. Un globe de cuivre et de bronze, tel un gyroscope géant en mouvement qui palpitait reflétant parfois mille colorations irisées. C’était son cœur. Celui qu’il partageait avec cette cité.

Il entra par la porte de service. Personne ne la fermait jamais. Personne ne venait jamais voir ceux qui faisaient tourner les Vaporeuses de la gare. Ces immenses machines permettaient de générer l’énergie nécessaire au fonctionnement de la gare et surtout des trains. Pour cela il fallait les alimenter avec une quantité de charbon industrielle et c’était dans ces couloirs qu’on le chargeait. La lourde poussière de charbon accumulée dans l’air rendait chaque bouffée aussi difficile que si on avait voulu respirer de la compote. Chela’k pressa le bord de sa capuche contre sa bouche ce qui ne l’empêcha pas de tousser malgré tout. Se frayant un passage entre les Charbonniers, il atteint rapidement une petite porte dérobée qui menait à la charpente de l’endroit. C’était le seul moyen qu’il avait de traverser la gare sans se faire arrêter, ou pire emprisonner. Les gens comme lui n’étaient pas les bienvenus ici.

Tel un funambule il parcourait les poutres d’aciers de la gare, ne s’arrêtant que pour regarder son cœur battre au milieu de la foule qui commençait déjà à encombrer l’endroit. Qui aurait cru qu’il y avait autant de personnes assez riches pour voyager. Chela’k haussa les épaules et poursuivit son chemin passant au-dessus des géantes locomotives de fer qui engloutiraient bientôt plus que leur comptant de charbon et de chair humaine. Il sauta habilement jusqu’à un trou dans la toiture, une chapelle de verre vieillissante. La ruelle qui s’ouvrit alors devant lui ne comptait qu’un petit escalier qui descendait. Il soupira en l’empruntant nonchalamment, caressant le papier dans sa poche du bout de ses doigts. Rejoindre les ruelles crasseuses de la ville basse ne l’enchantait guère.

La vie commençait à peine ici-bas. Les gens sortaient leurs plus belles enseignes peintes avec soin pour attirer les clients. Les Ferronniers commençaient à battre le fer, les Champignonniers chantaient à qui voulait l’entendre la qualité de leurs cryptogames. Chela’k soupira et s’engouffra dans une impasse, loin de tous ces bruits. Il sortit sa montre, regarda l’heure. Le cliquetis de l’objet l’apaisait assez pour oublier son retard. A peine eut-il le temps d’y penser qu’on le tirait par la manche au point de lui faire tomber sa capuche.

-Qu’est-ce que tu faisais ? lâcha un jeune homme en salopette et casquette gavroche qui l’entrainait dans une impasse. 

-On … ? commença-t-il.

-Ça fait bien deux mains de sablier qu’il attend ! J’aurais pas terminé mon quart qu’il serait sûrement … Tu m’écoutes ?

Chela’k la regardait en souriant, peut-être même presque en riant un peu. Il n’allait quand même pas lui avouer qu’il l’avait prise pour un garçon. Les cheveux rangés sous la casquette, la salopette ample cachant le peu de formes qu’elle avait et le charbon barbouillé partout n’avaient pas dû aider.

-Lia ? Je gère t’en fais pas, tenta-t-il de la rassurer tout en lui pat-patant l’épaule.

-Gère ? fit-elle, visiblement confuse.

Au bout de l’impasse un homme attendait. Il avait tout d’un riche, mais pas trop riche, peut-être un cercleux mais pas de la ville haute, ni de la basse.

-A vous voilà ! ça fait plusieurs sabliers que j’attends et … vociféra-t-il.

Chela’k avait esquissé une révérence parfaite, tendant à l’inconnu le petit papier qu’il avait précieusement gardé dans sa poche. L’homme tendit une main fébrile vers l’objet, tout en regardant nerveusement autour de lui. Il attrapa l’objet et le parcouru des yeux. Sa voix se faisait terriblement nerveuse, presque nouée.

-Vous êtes bien sûr ? Et personne ne vous a vu ? s’inquiéta-t-il.

-Oui, j’en suis bien sûr.

-Et comment …

-Espoir, ES-POI-REUH épela Chela’k.

L’homme rangea le feuillet dans sa poche avant d’en sortir une bourse fournie. Il fouilla dedans de ses doigts boudinés tremblotants avant d’en sortir une petite pierre rouge qu’il déposa sur le tonneau à sa droite. Puis sans un mot, il rabattit son chapeau melon sur sa tête et partit.

Chela’k s’approcha du tonneau un air satisfait sur le visage quand une main retint son poignet. C’était Lia et avant même qu’il n’ait pu lui faire de remontrances elle s’était saisie du petit rubis. Il croisa les bras sur son torse en l’observant.

-Tu pourrais demander quand même, elle est à moi.

-Elle est au moins pour moitié à moi, sinon il serait parti.

Chela’k secoua la tête pendant que Lia, assise sur le fameux tonneau, regardait la vie en rose ou plutôt en rouge utilisant la gemme comme une lentille qu’elle faisait rouler entre ses doigts.

-On va bien manger cette semaine. T’as d’autres jobs ? demanda-t-elle.

-Shhhh, arrête de parler comme ça, on pourrait t’entendre !

Il regarda rapidement derrière lui. Quelle idée il avait eu de lui apprendre ce mot ! Elle ne surveillait clairement pas assez son langage. Prononcez certains mots en public et on vous regarde de travers, dites en plus et on vous surveille, puis un jour c’est le mot de trop et vous allez en prison. Depuis la fin de la guerre, il y a quelques générations de cela, l’écriture avait été interdite. Puis ça avait été le tour de certains mots qui avaient rapidement été oubliés, perdus. Et d’autres n’existaient juste simplement plus. Une grande partie de l’écriture avait pu être remplacée par des dessins, des symboles. C’était un peu plus encombrant mais pas gênant. En revanche, rien ne peut remplacer une idée. La disparition de certain mots, considérés « dangereux » par le conseil, avait abouti à certains manques dans les conversations.

Une économie parallèle s’était mise en place pour palier au vide, surtout dans la ville basse et Chela’k en était le parfait exemple. Les Dealers de Mots naquirent. Ces gens qui effectuaient pour vous les recherches nécessaires pour retrouver le mot le plus adéquat afin de vous exprimer et pouvaient même le cas échéant, le créer. Tout cela était illégal bien évidemment et pouvait vous valoir de la prison. C’est pour cela qu’il fallait faire attention au moindre son qu’on laissait sortir de sa bouche. On ne survivait pas longtemps dans ce métier se montrer un minimum précautionneux.

Chela’k s’apprêtait donc à réprimander son amie quand il se rendit compte qu’elle avait changé de posture, mains dans le dos. Un petit tapotement sur son épaule lui provoqua une décharge dans la colonne. Une de celles qui vous font redresser jusqu’à vos cheveux sur la tête. Tout en se retournant, Chela’k se força à afficher un demi-sourire. Il ne détestait rien de plus que quelqu’un qui se glisse dans son dos sans qu’il ne le sache. Sa bouche s’ouvrit mais avant qu’un seul mot ne franchisse ses lèvres, l’étranger le prit de court et s’exprima d’une voix parfaitement mélodieuse.

-Bonjour, je cherche un mot…

Un mot. C’est parfois plus que suffisant pour définir un « Sentiment ». En tout cas, c’est ce que se disait Zébulon en apercevant la cité-caverne depuis son tableau de bord. L'horizon n'annonçait rien d'inhabituel et son moteur contribuait à peindre le gris du ciel. Les rayons du soleil avare faiblissaient à vue d'avion, au fur et à mesure qu’il descendait. Pourtant, il était aux premières loges pour assister au lever du jour. Comme si la gravité tentait de le rappeler à la réalité. Une réalité qu'il n’avait jamais cherché à questionner jusqu’à dernièrement. Voler aurait dû lui donner un indice sur l’étendue des possibles. C’est vrai qu'il en apprenait tous les jours sur le monde depuis qu'il exerçait son métier. Cela devait faire combien de temps déjà… Trois ans ? Cinq ans ? Zébulon avait toujours eu du mal à quantifier le temps qui passe. C’était peut-être pour cela qu'il arrivait souvent en retard. Heureusement que ses co-pilotes ne lui tenaient pas rigueur de son décalage horaire. À le voir si perdu dans les airs, on finissait toujours par lui pardonner. Il avait d’ailleurs fini sa dernière course et devait regagner la cité de l'Ante-Script pour un autre type d’affaires. Alors qu'ils n’étaient que des points de repère une minute auparavant, les lumières des immeubles l'aveuglaient presque, maintenant qu'il s’apprêtait à atterrir. Zébulon ajusta ses lunettes d'une main puis tira sur une corde à sa droite pour libérer les voiles de son avion. Il se laissa porter petit à petit, accusant les coups de descente comme des vagues d'air chaud, et garda le toit d’atterrissage dans son collimateur. Les yeux plissés, le menton relevé, il se cramponna au volant, prêt à renouer avec la terre ferme. Prêt à affronter la vérité.

***

-Tu t'en es bien sorti aujourd’hui, Lost ! T’viens prendre un thé ?

Il passait un coup de chiffon sur les interrupteurs aux mille et une couleurs quand son patron, le directeur Barrister, se mit à tapoter sur le capot doré. Zébulon remonta sa deuxième paire d'yeux sur le haut de son front et bondit hors de son siège. Zébu grimaça. Il avait horreur qu’on touche à sa Merveilleuse.

-Avec vous, chef ? demanda-t-il d'un air qui se voulait détaché.

-Y'aura Thomas et O’Connor avec moi. Et mon fils nous rejoindra après.

-Votre fils ? laissa échapper Zébulon dans un soupir, le regard fixé hors de la piste.

-Ouais, Max travaille au pub. Le temps qu'il termine son service, il passera derrière le comptoir.

Zébulon évitait de croiser le regard de son supérieur. Il tentait de cacher ce qui bouillait en lui. Ce qu'il n'arrivait pas à décrire. Une chaleur qui montait jusque derrière sa nuque et qui caressait le haut de son dos. Il sentait des perles de sueur égoutter le long de sa colonne vertébrale. « Calme-toi Zébu, tant que tu comprends pas ce qui se passe, vaut mieux l'éviter. » Il inspira discrètement et ferma les poings sur son torchon sale.

-J'ai… Je dois rentrer. Dormir. Fatigué.

« Super, Zébu ! La Censure n'excuse pas que tu perdes les constructions de tes phrases les plus simples ! » se dit-il, consterné par le manque de coopération de ses capacités cognitives. Il hocha de la tête à l’attention de son chef et s'empressa de quitter le hangar en baissant les yeux. Il avait besoin de réponses. D’une réponse.

***

Zébulon vérifia que sa cagoule d’aviateur recouvrait bien son crâne dégarni tandis qu’il s’engouffrait dans l’impasse embrumée. Il avait marché une bonne heure avant de disparaître dans les chemins mal éclairés de la ville. Bien que peu rassuré une fois arrivé dans le quartier « des commerçants », Zébulon percevait la splendeur dans les imperfections de ce coin de la ville fumeuse : des pavés abîmés, des usines de concassage à l’abandon, une horloge mal réglée, des silhouettes qui s’évanouissaient dans la vapeur… Il prenait le temps d’admirer ces erreurs humaines, comme pour se rassurer qu’il n’était pas le seul à échouer. Il tâta tout de même dans la poche intérieure de son manteau trop large pour lui - et qui traînait au niveau de ses bottes - pour sentir la forme de l’amiral dirigeable légué par son père. Il frissonna rien que de penser aux réprimandes qui l’auraient attendu s’il était encore en vie : « Est-ce utile, Zébulon ? ». Il vérifia la plaque de la rue sans issue. « Impasse des chasseurs ». Oui, c’était bien l’adresse qui se murmurait parmi les Ceux, curieux de l’Ancien Temps. Un temps où l’on savait poser les mots pour chaque ressenti. Avant que les Nobles ne décident que l’on gagnerait plus à vivre les moments plutôt qu’à les écrire. Ils n’avaient pas tout à fait tort. Du moins c’était l’éducation que son paternel avait tenté de lui inculquer. Zébulon était un adepte des sensations fortes et avait rarement pris un moment pour réfléchir sur ses états d’âme. Dans son avion où il était seul commandant, Zébu se concentrait sur ses émotions : le souffle de l’air sur sa peau, l’odeur de la pluie, le ronronnement du moteur qui vibrait entre ses mains, le bruit des rouages contre ses jambes… Etait-ce « utile » de poser les mots sur ce qu’il ressentait ?

Il s’était calmé dans le train qui l'avait emmené à l'Ante-script depuis l’héliport. C’était rare pour lui de vouloir fuir ses… « Sentiments ». Sa sœur lui avait appris ce mot. Dernièrement, Lia s'était prise d’amitié pour un de ses collègues, qui trafiquait des mots sur son temps libre. Il partageait avec elle quelques unes de ses découvertes, des termes avec plus ou moins de valeur. Et elle sélectionnait jalousement ceux qu'elle acceptait bien de transmettre à son aîné.

Le souci avec la connaissance, c’est qu'il pouvait attiser la curiosité. Certains se contenteraient d'accepter les faits, les garderaient sous le coude comme une arme, et ne chercheraient pas à pousser l’enquête plus loin. D'autres iraient déterrer des affaires classées, les connecter avec le nouvel indice, l’analyser dans tous les sens, et continuer à investiguer. L’Académie n’aurait aucun intérêt à encourager une propagation du savoir. Son rôle était d’inciter à la simplicité et de contenir la population, surtout les Ceux, face à mouvement de panique. Comme la panique qui animait progressivement l’esprit de Zébulon. Malheureusement, lui faisait partie des gourmands de savoir. On lui avait servi un amuse-bouche et il voulait en connaître la recette avant de passer à la suite du menu. Insatiable, Zébu ne pouvait se contenter de ce nouveau mot pour comprendre ce qu'il ressentait.

Tout avait commencé le mois dernier. Il était en train de lustrer sa machine ailée dans le hangar quand il L’avait vu la première fois. « Tu dois être Zébulon. » lui avait-il dit d’une voix grave et posée en le surprenant. Zébu s’était retourné. Le temps s’était alors figé. Des cheveux couleur miel. Des yeux perdus comme l’horizon. Un gabarit plus grand que la norme. Un corps disproportionné, avec un haut de corps robuste mais des jambes petites et fines. Un ensemble de rouages argentés formaient son bras cousu à un uniforme de l’armée. Zébulon était resté muet pendant un moment avant de répondre dans un sourire : « À ce qu’il paraît. Je peux t’aider ? ». L’inconnu s’était alors présenté comme Maximilien Barrister, le fils prodige de retour pour rejoindre l’entreprise familiale, des livraisons de marchandises acheminées par le ciel de la cité à l’extérieur. Zébulon avait aimé sa vision du métier qu’il exerçait, lui qui ne pensait être qu’un point de plus parmi les terrestres, désormais il était le point qui les liait les uns aux autres. Il ne s’était jamais senti aussi connecté au monde, à la vie, à quelqu’un. Ils n’avaient pas échangé plus, leur conversation étant interrompue par le paternel Barrister. Leur brève rencontre avait suffi à semer le trouble dans la tête de Zébulon. Depuis, il avait entrepris de décrire le fil de ses pensées sur des morceaux de parchemin qu’il cachait sous ses bottes. Seulement… il ne trouvait pas les mots. Ou bien LE mot exact.

-Excusez-moi !

Un individu affublé d’un haut de forme et d’un monocle le fit sortir de ses pensées. Zébulon toisa du regard le Celleux qui venait de le bousculer : ce dernier était en train de ranger sa bourse sous sa cape avant de s’éloigner d’un pas pressé. Zébulon secoua la tête et jeta son regard vers le fond du cul-de-sac. Il repéra deux ombres : l’une en tenue d’ouvrier ; et l’autre, un homme aux contours élancés. Il se rapprocha d’un pas dansant en reconnaissant la première personne. Il s’apprêtait à la surprendre quand il la vit contempler une gemme rouge qu'elle venait d'extirper des mains de son voisin. Zébulon avait toujours été payé avec des pièces en laiton, parfois dorés mais il n’était pas sûr que ce soit de l'or. Il comprit que le fruit du commerce dont il était témoin ne devait pas être du charbon…

Il se racla la gorge suffisamment près de sa petite sœur Lia, qui s’était redressée, les mains jointes derrière le dos, et tapota l’épaule de celui qui saurait peut-être l’aider.

-Bonjour, je cherche un mot…

A suivre

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