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Théodora

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Je me précipite dans la cuisine et fourre mon nez dans ses jupes. Son odeur, un mélange de parfum bon marché et de lessive à la lavande, cette odeur si rassurante, je la connais par cœur,  je la reconnaitrai entre mille, c’est elle, Théodora, elle remonte mes narines et apaise mon sanglot. Elle ne prête pas plus d’attention à moi qu’à un chien qui viendrait se frotter à son mollet pour réclamer sa pitance. Je pleure à grosses larmes dans les jupes de Théodora, et elle, impassible, continue de laver la vaisselle sans un mot, en jetant, par moment, un œil par la fenêtre. Je reprends mon sanglot sonore. J’ai besoin de ses bras, de sa poitrine, qu’elle me prenne sur ses genoux et me console, en essuyant les larmes sur mes joues, de ses mains usées par le travail. Le travail. D’abord le travail, ensuite l’enfant. Théodora. Je dois me contenter de son odeur, pour le moment. Je m’en remplis les poumons et tient ma respiration. La tête me tourne. Je m’accroche aux plis de sa jupe pour ne pas perdre l’équilibre, mais je sens que déjà mes jambes ne me portent plus. Mes oreilles s’emplissent d’un épais bourdonnement. Mais je tiens bon. 

A suivre

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