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Les membres du culte

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Je fixe la tasse avec une petite moue dégoûtée. Pas la mienne, la sienne ! Celle qu’elle a commandé lorsque l’on s’est assises et qui exhale un relent que je n’arrive pas à trouver aussi tentateur que la plupart des gens.

Café.

Je n’ai jamais rien aimé du café : ni le goût, ni l’odeur, ni la couleur. Quant aux arômes et saveurs dites « café » dans les pâtisseries ou les glaces, pire encore. C’est âcre, c’est fort, ça laisse un relent infect dans la bouche et sur les mots qui en sortent, ça tache et ça donne un petit côté très snob à ceux qui en boivent, du genre :

« Mmh non, cet arabica est trop fort, je préfère le colombien avec son arôme plus fruité. Tu sens ça ? Ces notes terreuses, c’est un bonheur pour le palais. »

Mais bien sûr… C’est vrai qu’un goût de terre dans la bouche, c’est un vrai plaisir, pas vrai ?

Et il faut voir tout le jargon lié au culte des buveurs de café ! Un café avec de l’eau en plus ça devient un allongé, un café dans une tasse mi-nis-cule avec un goût à vous dégommer les papilles c’est un expresso, un expresso avec de la mousse de lait (et pas bêtement du lait, attention, de la MOUSSE de lait) ça devient un macchiato et un expresso avec plein d’eau chaude dessus c’est un café américain. Allez savoir la différence avec un allongé.

Heureusement, j’ai depuis longtemps renoncé à comprendre ce qui pouvait attirer les gens vers ce breuvage nauséabond et je n’ai jamais essayé d’argumenter avec eux sur le bien-fondé de s’enfiler des litres de ce poison. Je préfère de loin replonger le nez dans ma tasse à moi, bien plus grande et à l’arôme bien plus appétissant.

Chocolat chaud.

Ça fait froncer le nez avec dédain à certains serveurs lorsqu’à 20 ans passés tu commandes ce genre de boisson. Comme si c’était un peu honteux, un peu ridicule de boire encore du lait à mon âge. Comme si ne pas prendre de café faisait de moi une à-peine-adulte. On m’aurait plus facilement pardonné si j’avais pris un thé.

— On attend encore quelqu’un ?

C’est qu’il y a une troisième place à notre table. Je noie mon odorat dans les vapeurs sucrées de ma boisson tandis que je la regarde par-dessus le bord de ma tasse. La buveuse de café. Je ne lui en tiens pas rigueur, personne n’est parfait et il faut aimer ses amis même avec leurs petits défauts.

A suivre

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